1. Saule et Osier : quelle(s) différence(s) ?

Saule et Osier

 

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur l'osier, sa culture, son utilisation , la plupart par des spécialistes  très documentés; je ne ferai donc que quelques rappels, ceux  qui me semblent les plus importants pour la bonne compréhension de notre travail. 

 

Commençons par quelques définitions ...

 

L'osier est  la pousse de l'année d'un saule.

 

On plante des boutures de saules et, si l'on coupe  tous les ans(et sans problème particulier de culture !...),  on récolte de l'osier.

              

 

On appelle « osier brut » celui qui a gardé son écorce et « osier blanc » celui qui a été pelé.  

 

NB : Un vannier digne de ce nom ne travaille jamais avec de l' "osier vert" (celui qui vient juste d'être récolté) ; il est en effet gorgé de sève et lors du séchage, le tressage va se relâcher et la vannerie sera  moins ferme et donc moins solide......sauf bien sûr s'il souhaite réaliser des structures en "osier vivant" (c'est-à-dire enraciné et qui va, de ce fait, repousser d'année en année…)- voir notre article à ce sujet.

Une oseraie est donc une plantation de saules destinés à la vannerie.

 

Quant au salicetum , c'est le lieu où sont plantés et cultivés, à titre d'exemple - et souvent pour la sauvegarde  -  plusieurs espèces de saules.

 

La culture 

 

Chez nous, la plantation a lieu  au printemps, dans des  champs,  en  rangées .  Les  boutures,  d' à  peu  près  20 cm, sont enfoncées dans la terre  tous les  25 cm environ .

 

Les saules  poussent déjà  à l''état  sauvage  dans   

notre    région   et   la  nature du  sol(!*), argilo-siliceux, convient fort bien aux différentes espèces du genre puisqu'il va retenir les eaux de pluie et la nappe phréatique. Certes le saule aime l'humidité mais il n'est pas nécessaire, comme on le croit généralement, qu'il baigne dans l'eau....d'autant que, pour obtenir de l'osier, nous ne laisserons pas la plante devenir "arbre"...En effet, lors de la récolte, les brins seront coupés pratiquement au ras du terrain (voir les photos dans l'article "Notre Plantation").

 

* un saule = un arbre,  un sol = la nature du  terrain  !

 

La pousse  s'effectue rapidement (3 à 4 mois); l'osier prend ensuite sa couleur.

 

Le terrain doit être nettoyé régulièrement pour éviter la prolifération de certaines herbes (par exemple : le liseron) qui empêchent la bonne pousse des plants et favorise la prolifération de parasites. Le désherbage manuel est, pour nous, la solution la plus écologique ... et la plus efficace ...


Mais le plus gros prédateur (avec le chevreuil!) reste la grêle qui provoque  cassures et blessures et peut détruire toute une récolte en quelques minutes. 


            

L'osiériculteur cultive donc l'osier et le vannier, pour travailler, lui achète sa matière première ; certains choisissent de cultiver eux-même la matière première qu'ils vont utiliser : ils sont  donc "osiériculteurs-vanniers".

 

La récolte  a lieu en hiver, après les premières gelées (les feuilles doivent être tombées) et avant la montée de la sève (l'apparition des pousses nouvelles). Ensuite, il faut trier l'osier par taille puis soit le mettre en bottes pour le faire sécher (hors gel et à l'abri de la lumière) soit le mettre en routoir (petite marre naturelle) ou en bassin, c'est à dire les pieds dans l'eau, jusqu'au printemps pour le peler ou le replanter (en boutures ou en "Osier vivant").

 

 

On dit qu'un  terrain d'un hectare donne  environ 10 à 12 tonnes d'osier vert. Une fois séché, il ne restera plus que 5 à 6 tonnes d'osier brut  et seulement   2 à 3 tonnes d'osier blanc.

         

L'osier, une matière  « naturellement  bio »...

 

La culture de l'osier, dans la mesure où elle reste  « familiale » et ne devient pas intensive, ne demande pas de gros investissements en matériels ou en  produits.

 

Lorsque le terrain convient bien, les maladies sont d'ailleurs extrêmement rares.  

 

Nous avons donc fait le choix de  prendre un risque : celui d'utiliser un matière première non traitée, dont la récolte est peut-être moins abondante (et seulement «peut-être »!) mais certainement plus saine et plus fiable.

 

L'osier qui provient de notre plantation n'est donc soumis à aucun traitement chimique, ni pendant la culture, ni après la récolte. Les différences de couleurs proviennent du choix des espèces et des variétés, la nature du terrain jouant aussi un rôle important.

 

Pour travailler, le vannier n'utilise généralement aucune machine  électrique, aucun produit chimique, aucun accessoire (pas de vis, pas de pointes, pas de colle etc ..) et son outillage est des plus rudimentaires (donc non polluant !) – voir  l'article "Notre atelier".

 

Enfin, la fabrication des objets réalisés ne génère  que des déchets naturels (100% biodégradables) et ces objets, utilitaires ou décoratifs, durent très longtemps...

 

Vous trouverez des photos de "saule" et d' "osier" dans l'article "Notre plantation".

 

  



Article ajouté le 2006-08-29 , consulté 2543 fois

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